Certains livres commencent par une thèse. D’autres par une histoire. Notes on Care, Risk & Knowledge commence par une question : que faisons-nous lorsque les formes habituelles de l’explication ne suffisent plus à contenir l’expérience ?

La recherche historique offre des archives, des entretiens, des protocoles et des traces institutionnelles. Mais tout ce qu’une crise produit n’appartient pas au langage de la preuve. Il existe des silences, des hésitations et des gestes de soin dont l’importance ne diminue pas parce qu’ils résistent à toute catégorie.

Le fragment n’est pas ce qui reste d’un texte inachevé. Il préserve ce qui perdrait sa force si on l’obligeait à paraître entier.

Le livre rapproche donc des registres différents. L’essai soutient la question ; le poème modifie le rythme ; la photographie rend son épaisseur à l’espace ; l’archive résiste à une mémoire lisse. Aucune forme n’illustre l’autre.

Entrer par la fièvre jaune, c’est observer des protocoles et des expertises en débat. Entrer par Zika, c’est voir le risque traverser les corps, les familles et la responsabilité publique. Entrer par une suspicion d’Ebola, c’est suivre l’intelligence pratique qui apparaît lorsque les réponses préparées ne suffisent plus.

Il n’existe pas une seule manière d’entrer dans ce livre parce qu’il n’existe pas une seule manière de connaître. Prendre soin, c’est souvent apprendre à prêter attention avant que la réponse n’existe.